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Jeunes salariés, accidents du travail et DUERP quels liens ?

Jeunes salariés, accidents du travail et DUERP : pourquoi les TPE doivent agir ?

Saviez-vous que les jeunes actifs représentent 22 % des salariés, mais comptent pour 31 % des accidents du travail ? Ce chiffre, mis en avant par l’INRS dans le cadre de sa campagne #MortelTonTaf, interpelle non ? Les jeunes salariés, les alternants, les stagiaires, les intérimaires et les nouveaux embauchés sont particulièrement exposés aux risques professionnels lors de leur arrivée.

Mais pourquoi ces populations sont-elles plus exposés aux accidents du travail ?

Entrer dans une entreprise, c’est découvrir un nouvel environnement, de nouvelles consignes, de nouveaux gestes, de nouvelles machines, de nouveaux rythmes et parfois une nouvelle culture professionnelle.

Un jeune salarié peut avoir envie de bien faire, de montrer qu’il est motivé, de ne pas déranger ou de ne pas poser “trop de questions”. Résultat : il peut minimiser un danger, ne pas oser signaler une difficulté ou reproduire un geste sans en mesurer les conséquences.

L’INRS indique que les accidents les plus graves surviennent souvent durant la première année d’embauche, lorsque les jeunes manquent encore d’expérience et de repères.

Le vrai sujet n’est pas uniquement l’âge : c’est aussi le manque de repères dans un nouvel environnement de travail et la prévention ne devrait pas être réservée aux grandes entreprises.

Car dès lors qu’une entreprise emploie des salariés, elle doit évaluer les risques professionnels et formaliser cette évaluation dans le document unique d’évaluation des risques professionnels, le DUERP. L’INRS rappelle que cette évaluation doit aboutir à la transcription des résultats dans le document unique, qui doit être mis à jour régulièrement.

Le DUERP n’est donc pas seulement une obligation administrative. C’est un outil très concret pour protéger les salariés, sécuriser l’activité et éviter que les risques du quotidien ne deviennent des accidents.

#MortelTonTaf : une campagne INRS pour parler prévention autrement

Pour sensibiliser les jeunes aux risques professionnels, l’INRS a lancé le dispositif #MortelTonTaf, qui s’appuie notamment sur une web-série et des ressources pratiques. L’objectif : aider les jeunes actifs à identifier les risques, adopter les bons réflexes et comprendre que la sécurité au travail les concerne directement.

Les thèmes abordés sont très concrets :

le bruit ; l’alcool et les drogues ; le stress ; le risque routier ; les risques chimiques ; les troubles musculosquelettiques ; les chutes.

Ces risques concernent de nombreuses TPE : bâtiment, industrie, commerce, restauration, artisanat, services, logistique, nettoyage, aide à domicile, mécanique, coiffure, etc.

Le document unique d’évaluation des risques professionnels permet de recenser les risques auxquels les salariés sont exposés et de définir des actions de prévention adaptées. L’INRS précise que le DUERP répertorie l’ensemble des risques professionnels auxquels sont exposés les travailleurs et doit contenir un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail.

Concrètement, le DUERP peut concerner :

les risques de chute ; les manutentions manuelles ; les postures pénibles ; le bruit ; les produits chimiques ; les machines et outils ; les risques routiers ; les risques psychosociaux ; les horaires atypiques ; le travail isolé ; l’accueil des nouveaux salariés.

Il ne s’agit pas de rédiger un document compliqué de 80 pages. Pour une TPE, un DUERP efficace peut être simple, clair et opérationnel. L’essentiel est qu’il corresponde à la réalité du terrain.

Donc en résumé 5 actions simples à garder en tête pour passer de l’obligation à la prévention réelle :

  1. Identifier les situations de travail à risque

La première étape consiste à observer le travail réel. Pas seulement ce qui est écrit dans les procédures, mais ce qui se passe concrètement au quotidien.

Exemples :

les salariés montent sur une chaise pour attraper les cartons ; les charges sont très lourdes ; Les produits n'ont pas étiquettes ; un salarié roule beaucoup entre deux clients ;

La prévention commence souvent par ces détails.

  1. Mettre à jour le DUERP

Le DUERP doit vivre avec l’entreprise. L’INRS rappelle que le document unique doit être mis à jour régulièrement.

Un DUERP figé dans un classeur n’a pas beaucoup d’intérêt. Un DUERP utilisé comme outil de pilotage peut au contraire devenir un vrai support de discussion avec les salariés.

  1. Prévoir un accueil sécurité pour chaque nouvel arrivant

Un jeune salarié ne devrait jamais être laissé seul face aux risques de son poste.

Un accueil sécurité peut inclure :

la présentation des locaux ; les consignes d’urgence ; les équipements obligatoires ; les risques principaux du poste ; les gestes interdits ; les personnes à contacter ; les règles en cas d’accident ou de presque-accident.

L’objectif n’est pas de faire peur, mais de donner des repères.

  1. Former les managers et les tuteurs

Dans les petites entreprises, le dirigeant, le chef d’équipe ou le tuteur joue un rôle central. C’est souvent lui qui transmet les bons gestes, mais aussi parfois les mauvaises habitudes.

Un bon tuteur ne se contente pas de dire : “Regarde comment je fais.” Il explique pourquoi certains gestes sont importants, vérifie que le salarié a compris et crée un climat où il est possible de poser des questions.

La prévention repose beaucoup sur cette phrase simple : “Tu as le droit de ne pas savoir, mais tu dois demander.”

  1. Utiliser les outils gratuits de l’INRS pour les TPE-PME

Les TPE ne sont pas seules. L’INRS met à disposition des ressources gratuites pour aider les entreprises à structurer leur démarche de prévention.

La prévention n’est pas seulement une obligation légale. C’est une responsabilité humaine et managériale.

Conclusion : et si le DUERP devenait un vrai outil ? Bien utilisé, il devient un support pour mieux organiser le travail, sécuriser les pratiques et installer une vraie culture de prévention.

La campagne #MortelTonTaf de l’INRS a le mérite de rappeler une réalité : les jeunes actifs sont particulièrement exposés aux accidents du travail. Mais elle nous invite aussi à regarder plus largement la manière dont les entreprises accueillent, forment et protègent leurs salariés.

Prévenir, ce n’est pas attendre l’accident. C’est créer les conditions pour qu’il n’arrive pas.

Pour aller plus loin avec l'INRS

INRS – #MortelTonTaf : sensibiliser les jeunes salariés https://www.inrs.fr/actualites/MortelTonTaf-sensibiliser-jeunes-salaries.html INRS – Communiqué de presse #MortelTonTaf https://www.inrs.fr/header/presse/cp-mortel-ton-taf-2024.html INRS – La démarche TutoPrév’ pour les nouveaux embauchés https://www.inrs.fr/demarche/nouveaux-embauches/demarche-TutoPrev.html INRS – Document unique d’évaluation des risques professionnels https://www.inrs.fr/demarche/document-unique/ce-qu-il-faut-retenir.html INRS – Focus juridique sur le document unique d’évaluation des risques professionnels https://www.inrs.fr/publications/juridique/focus-juridiques/focus-juridique-document-unique-evaluation-risques.html INRS – TPE-PME : outils en ligne pour évaluer les risques professionnels https://www.inrs.fr/metiers/oira-outil-tpe.html

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