L’ aviron: un exemple du travail en équipe.
Après avoir évoqué la Patrouille de France dans le premier article de cette série : « Le travail en équipe ne s’improvise pas », poursuivons notre réflexion avec un sport qui illustre magnifiquement le travail collectif : l’aviron.
Parfois, une simple sortie peut nous rappeler des principes essentiels.
Cette semaine, c’est au bord de l’eau, lors d’un stage de découverte pour mes garçons, que j’ai reçu une belle piqûre de rappel.
L’occasion de partager avec eux un sport qui tient une place particulière dans notre famille, un sport que nous aimons et qui, à mon sens, gagne vraiment à être connu : l’aviron.
Merci au passage à ma moitié, ancien rameur, pour son œil d’expert, ses explications et les souvenirs partagés qui ont inspiré cette réflexion.
En effet, l’aviron est souvent perçu comme un sport d’endurance où la force physique fait la différence.
En réalité, il est bien plus que cela.
C’est un sport où :
- ✔️ la technique,
- ✔️ la coordination,
- ✔️ la confiance,
- ✔️ l’intelligence collective,
comptent autant que la puissance.
Finalement, comme dans une équipe en entreprise. ☺️
Tous dans le même bateau… mais pas avec le même rôle.
Pour mieux comprendre le parallèle entre le monde professionnel et l’aviron, je trouve pertinent l’exemple d’un quatre barré (bateau avec quatre rameurs et un barreur).
Dans ce type de bateau, par définition, le barreur ne rame pas. 😉
Son rôle est pourtant déterminant :
- il garde le cap ;
- il anticipe la trajectoire ;
- il observe le bateau ;
- il donne les consignes ;
- il aide l’équipage à rester coordonné.
Il voit également ce que les rameurs, tournés vers l’arrière, ne peuvent pas voir.
En effet, les rameurs ne peuvent pas voir :
- les dangers sur l’eau ;
- l’avancée des autres bateaux pendant une compétition…
Les rameurs, eux, apportent la puissance nécessaire pour faire avancer le bateau.
Mais là encore, chacun a un rôle bien précis.
En aviron, on rame dans le sens opposé à l’avancée du bateau. Du coup, dans un équipage, le chef de nage (le rameur placé à l’arrière du bateau) donne le rythme.
C’est sur sa cadence que les autres rameurs se synchronisent.
Les deux rameurs du milieu assurent la transmission de cette cadence et de la puissance, tandis que le rameur à l’opposé du chef de nage (c.-à-d. le plus éloigné) est souvent celui qui possède la meilleure technique de rame.
Chaque place demande des qualités différentes.
Mais aucune n’a plus de valeur qu’une autre.
Chaque rameur contribue à l’avancée du bateau et, même si un rameur porte le titre de « chef de nage », c’est bien la coordination de l’ensemble de l’équipe qui permet au bateau d’avancer plus vite.
Un bateau composé uniquement de barreurs ne pourrait pas avancer. 😉
De même, un bateau composé de quatre excellents rameurs, sans coordination ni direction, aurait bien du mal à être performant.
Cette image me fait penser à l’entreprise. Pas vous ?
Nous avons parfois tendance à :
- hiérarchiser les rôles ;
- considérer que certaines fonctions sont plus importantes que d’autres.
Pourtant, une équipe fonctionne bien lorsque chacun apporte sa contribution au bon niveau.
À l’aviron, le plus difficile n’est pas de ramer…
Le plus difficile n’est pas de ramer. C’est de ramer ensemble.
C’est la réflexion, toute simple mais tellement juste, que m’ont faite mes garçons.
Plusieurs rameurs racontent d’ailleurs la même réalité :
« Le plus compliqué est de trouver le même rythme. »
« Le plus compliqué est de trouver une uniformité du coup de rame qui permet au bateau d’avancer plus vite. »
Et pour cela, celui qui est à la nage donne la cadence.
Les autres :
- ne cherchent pas à imposer leur propre rythme ;
- se calent sur lui.
Lorsque cette synchronisation est trouvée, le bateau glisse presque naturellement.
« Je me rappelle de ces sorties où les mouvements étaient si bien synchronisés qu’on entendait le bruit des bulles d’air glissant le long de la coque du bateau.
Cette fluidité n’était pas le fruit du hasard.
Elle était le résultat de nombreuses heures d’entraînement, d’observation mutuelle et de confiance. »
me confie un ancien rameur.
Comme en entreprise, les équipes performantes ne naissent pas par hasard.
Elles se construisent dans le temps, grâce à :
- des repères partagés ;
- des entraînements ;
- une confiance qui se développe au fil des expériences communes.
Comme les pilotes qui répètent inlassablement leurs évolutions jusqu’à ce que chaque geste devienne naturel, les équipages d’aviron construisent progressivement leurs automatismes pour mieux avancer ensemble.
Ce que l’aviron peut nous apprendre sur le management
Le rôle du manager ressemble alors beaucoup à celui d’un entraîneur.
Il consiste à :
- Observer.
- Comprendre les forces de chacun.
- Identifier les complémentarités.
- Travailler la cohésion de l’équipe.
- Faire évoluer les rôles lorsque cela devient nécessaire.
- Créer les conditions pour que chacun puisse exprimer pleinement son potentiel au service du collectif.
Au fond, une équipe performante n’est pas une équipe où tout le monde se ressemble.
C’est une équipe où chacun connaît son rôle, comprend celui des autres et accepte de mettre son talent au service d’un objectif commun.
Comme la Patrouille de France.
Comme un équipage d’aviron.
Les plus belles réussites collectives ne doivent rien au hasard.
Elles :
- se construisent ;
- s’entraînent ;
- s’ajustent.
Alors, et si nous apprenions plutôt à composer les équipes ?
Et si nous apprenions à reconnaître la valeur de chacun ?
À permettre à tous de trouver le rôle dans lequel ils pourront donner le meilleur d’eux-mêmes.
Car, au fond, le travail en équipe ne s’improvise pas. Il se construit, coup de rame après coup de rame.
Un article rédigé par Gaëlle et Jean-Nicolas Binac
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